Tuning Blog

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mardi 29 avril 2008

Quelques notes CABASSE avril 2008

Lisa a parlé de induce et deduce.
Quand on pratique le Score souvent l'on déduit de la danse les calls. Dans la piece Go le tuning induit un état qui amène au Go, à savoir un moment ou un état de danse est là. Nous avons toute la semaine travaillé à la raréfaction des calls, remplacé en quelque sorte l'inhibition que créent les calls par le fait d'inhiber les calls et de voir ce qu'il en reste. Lisa a observé combien de temps le sustein existait sans l'appeller, comment finalement la partition est active sans être pour autant audible.

Nous avons travaillé tous ces jours sur des couples de calls, Il y a eu:

Pause/shift
Reverse/begin
Sustein/repeat
Voice/next
Resituate/exit
Begin/sustein
Restart/invert
Next/redirect

Et j'en oublie. Resituate/exit est intriguant, il tord l'espace et re-dynamise sans cesse la situation. Autre couple delay/advance que nous n'avons pas utilisé nomément mais qui est apparu, à mon goût intéressant. Il existe des couples de call évident, open/close, exit /enter, begin/end, sustein/next... Nous avons joué des structures où les calls, par paires proposés, sont appelés par les Watchers. Nous avons observé qu'il était plus intéressant de laisser jaillir les calls suivant la nécessité et de s'en tenir aux deux premiers apparus plutôt que de les prédéterminer. En plus de ces couples de calls apparaissants, les calls conservés étaient end, open, remplace. Il y a eu également l'usage de Go pour de l'intérieur demander aux watchers d'arrêter de caller, ceci en référence à ce qui est rapporté au début de ce post. Nous avons également pratiqué en se donnant comme contrainte de n'avoir qu'un call entant que player, à nouveau le premier call utilisé. Nous avons Utilisé Play pour appeler une situation de face à face entre les players il est venu sur la liste des calls que nous gardions en plus des couples de Call.

J'ai abondamment, malgré la raréfaction, fait usage de remplace inside que nous avions pratiqué ensemble beaucoup ces derniers temps ;-)

mardi 15 avril 2008

les Bains::Connectiv labo autre extrait

les Bains::Connectiv labo

vendredi 4 avril 2008

replace

replace but not the form

mardi 1 avril 2008

jeudi 27 mars, report d'un morceau avec Franck

PROLOGUE
Il pleut et j'ai les jambes en coton.
Je suis debout, flottant sans poids.
Privé de toute possibilité d'action, j'ai la mémoire qui se met soudainement en branle éructant les premiers souvenirs tactiles se mêlant ensuite à des impressions plus visuelles.

...

Ce n'est que lorsque ma main et son visage se sont touchés puis immobilisés, que tout devint plus claire. BEGIN.
La brume s'était dissipée sur un champ dévasté, plongé dans l'obscurité à l'exception de la lueur qui nous éclairait d'où je ne sais où dans ce ciel menaçant. Rien ne bougeait. L'eau seule tombait percutant tout ce qui lui faisait obstacle en un brouhaha ininterrompu d'une avalanche liquide. CONSIDER.
GO. Je relevai seulement les yeux et m'arrêtai sur le visage de ce soldat ennemi et français dans ses traits. IMAGE. Il tenait son corps droit, non pas de manière fière mais distinguée, la fixité des ses yeux noirs bruns et son nez fin et rectiligne confirmaient le raffinement de sa posture et de sa culture. Je me rappelai alors comme j'étais blond et teuton mais je n'avais aucune idée de la manière dont ce visage avait fini dans cette main. PLAY. Comment savoir si ensuite ma main avait glissé sur sa peau devenue plus tendre et humide ou alors si c'était sa bouche qui était venue se loger d'elle-même entre mes doigts ?
Ce n'était déjà plus sa bouche que je sentais mais bien les contours osseux de sa mâchoire. EXPLORE. Son crâne propulsé par son torse s'enfonçait maintenant tout entier dans mon bras entrainé à l'horizontal puis repris à la verticale avant de pirouetter en d'innombrables spirales pour retomber ensuite et se relever enfin. Ce bras semblait avoir acquis une vie totalement autonome, laissant le reste de mon corps veuf du membre et absorbé par le sol mouillé. CONSIDER - ZOOM OUT - IMAGE. D'un air amusé et distant, j'observais l'équivalence étrange s'installant entre le bras et le crâne-torse comme deux morceaux de chair fous fouettant en concert l'air vicié du champ de bataille. Soudain, NEXT, je sentis son corps retomber, lâchant ses dernières forces, je me surpris à me relever aussitôt pour le soutenir de mes deux bras précipités.
Sa tête était retombée en arrière et je parcourai du bout des yeux et des doigts son corps inerte, léger aussi. IMAGE. Je réalisais comment tous les efforts physiques qu'il avait dû endurer jusque là avaient façonné ce corps, devenu maniable à souhait, je l'imaginais accomplir de larges extensions ou se retourner de manière fulgurante, chacun de ses muscles était finement dessiné afin de réaliser avec une scrupuleuse efficacité la fonction à laquelle il était destiné: c'est une arme que je tenais dans mes mains. La lumière avait encore baissé et dans la pénombre je sentis ce corps se retourner lentement. Mes bras se mirent à accompagner son mouvement, mes doigts glissant sur les côtes osseuses habillées d'une couche maigre de peau. Les muscles abdominaux se durcissaient profondément au fur et à mesure que le mouvement prenait de l'amplitude faisant disparaître peu à peu les organes que j'avais pu découvrir auparavant. Ce corps roulait sur lui-même, chaque retombée renforçait la puissance de la remontée et, dans ce mouvement perpétuel sans origine, ce concombre semblait se vider de tout son poids dans le tourbillon fou de ses rotations. EMPHASIZE. Le mouvement s'amplifiant démesurément me déséquilibra et d'un coup nos deux corps - CLOSE - aveugles roulèrent vers je ne sais quelle tranchée telle qu'il y en avait partout autour de nous. Nous nous retournions alors sur nous-mêmes en des sens opposés, butant constamment l'un contre l'autre au fond du trou, SUSTAIN - IMAGE, le trou était devenu une machine à imprimerie où les deux corps constituaient les deux rouleaux nécessaires à faire glisser le papier comprimé qui, une fois chargé d'encre d'une écriture sans contenu si ce n'est la langue elle-même où les mots entre eux déboulent les uns sur les autres, et qui serait ensuite expulsé de ses rouages comme un crachat léger. Les mouvements de rotation cessèrent et, d'un bond, je me retrouvai inerte dans ses deux bras. PAUSE - SUSTAIN. Rien sur nos visages ne témoignait de l'agitation dans laquelle nous nous étions débattus, FOCUS, les quelques pupilles se dilatant occasionnellement ou les lèvres légèrement s'étirant ne conféraient à nos faces aucune expression particulière. REPLACE - RESTART. Ma tête avait basculé en arrière, laissant la bouche béante, je voyais un ciel de boue entaillé par les nombreuses tranchées et un parterre de nuages filant à toute allure dans notre direction. Il me tenait là calmement sans intention. PAUSE - SUSTAIN - NEXT. Le silence grinça puis se déchira méchamment sous une première salve d'explosions, le sol tremblait de part en part, je me retrouvai complètement retourné, la tête plantée dans la boue alors que mon torse s'élevait à la verticale, raide comme un obus. C'est alors que je perdis toute raideur et sentis ses deux bras solides recueillir ma chair fondue qui pendait un peu bête. SUSTAIN. Il y eu comme un moment d'accalmie mais brusquement des coups de feu se mirent à rugir, ça pétait dans tous les sens, une première balle me frappa au ventre. PAUSE. RESTART. La deuxième me fouetta le coccyx qui se détacha et se balança avec ce qu'il lui restait d'attache au beau milieu de mon bassin qui semblait lui sourire. PAUSE. RESTART. Une pluie lourde de balles ricocha lourdement sur ma cage thoracique, le plomb pénétrait profondément par grosses gouttes, faisant exploser tout sur leurs passages d' allures démentes, pulvérisant côte après côte, écrabouillant mes viscères qui commençaient déjà à cracher au dehors. J'ouvrai les yeux en sang toussant sur le français dont les doigts percutant et lacérant mon ventre me révélaient qu'il était l'auteur de cette ignoble boucherie. Ses dix couteaux ne me laissaient plus aucune chance de m'échapper, je n'en avais déjà plus la force. Il me maniait avec l'assurance culinaire d'un bourguignon affamé. SHIFT. Ces attaques manuelles se changèrent en pansements. Nous avions laissé le champs de guerre loin derrière nous. IMAGE. Les douleurs criardes laissèrent place à la tranquillité d'un paysage serein d'automne. Le temps était à la convalescence. Le sang nous manquait. Avais-je encore mes deux jambes? Mes yeux s'étaient éteints. Les siens aussi car mes bras eurent un dernier soubresaut pour sentir les siens venant à tâtons à leur rencontre comme si nous étions plongés dans l'obscurité d'un espace trop vaste à se perdre. Les quatre membres s'immobilisèrent, à l'écoute de toute intention. Nous avions abandonné nos uniformes mais pas pour autant notre vigilance portée avec le peu de force qui nous restait. GO.
Une étrange danse commença: les bras de l'un suivaient le moindre mouvement de l'autre, puis, sans concertation aucune, l'autre suivait l'un qui offrait des directions nouvelles sans que l'on sache enfin qui était à l'origine du mouvement. L'écoute affutée témoignait que nous étions soldats et la douceur s'était imposée. Les bras semblaient tisser des motifs élémentaires sur le champ des tranchées qui respirait calmement. Mon souffle s'arrêta. REDUCE.

EPILOGUE
Il pleut et j'ai les jambes en coton. Je le vois assis dans sa solitude regardant quelque chose devant lui avec la fixité souveraine d'un samouraï. REPLAY. A la hauteur de son visage il lève son bras avec assurance comme pour toucher ce qu'il avait dû avoir devant lui, et tel un aiguilleur du ciel, il grave dans ma mémoire de mort une série de mouvements qu'il exécute avec précision de ses deux bras en maintenant son torse droit planté solidement dans le sol et je reconnais alors dans chacun de ses gestes la visite de toute l'expérience que nous avions vécue.
Ces impressions visuelles me donnent un sentiment fatigué et amusé et je m'entends dire END.