Tuning Blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 9 novembre 2014

Le thermos et sa compréhension de la situation

La communication, la compréhension (session with Caroline and Franck)

When does something become clear? ou “quand est-ce qu'on octroie le mot “clair” à une situation. Je crois que la nomination “clair”, c'est comme les Oscars : un groupe de personnes est convaincu par son choix du meilleur film et les autres acquiescent souvent faute de préférence. Mais il y a aussi toujours un groupe contestataire, qui n'acceptera pas que Holly Hunter dans “The Piano” de Jane Campion mérite le prix de la meilleure actrice. Bref “clear!” : Il y a là le pouvoir de celui qui prononce le mot. Est-ce que ce mot serait un magicien qui jète un sors à ceux qui l'écoutent et manipule ceux-ci à le voir, à y voir clair, quand “clair” est prononcé.

It's actually a miracle that we can agree on something to be clear. Are we just fooling ourselves into believing our similar perception of a situation, because we long to be together. Is agreeing on clarity just an attitude you take on?

Ah non, attend! La scène du thermos qui roule. Une dizaine de fois il roule sur la table et en tombe dans la main de Sonia. Franck, Caroline et Sonia l'observent. Au bout de dix fois nous sommes tous convaincus que les lois de pesanteur et la position de la table obligeront le thermos à réaliser la même trajectoire à l'infini. Et là, quelqu'un place un objet au milieu de la trajectoire, un tupperware suspendu en l'air. Tous attendent le roulement du thermos et anticipent le choc entre les deux objets. … ! Miracle. Le thermos est déposé à sa position habituelle, mais cette fois ci ne roule pas. Il reste immobile, comme s'il y avait eu un arrangement tacite entre le thermos et le Tupperware. “ Quand j'arrive tu bouges plus!” Un tour de magie... Time out : Nous sommes tous d'accord sur l'impact et la lecture de cette situation.

Alors les miracles sont clairs pour tous. La magie est claire. Parce qu'on est surpris? Parce qu'on ne comprend pas? La surprise n'est elle pas l'ouverture d' une question? Donc ce serait la question qui est claire.

Les réponses alors? Les réponses rendent flou (ou fou)? Parce qu'elle ne peuvent pas suffir à notre besoin de compréhension? Les questions contiennent et comprennent toutes les possibles réponses est sont donc complètes.

La question comprend tout.

samedi 8 novembre 2014

Quand un environnement devient un milieu/biotope

Pavillon Contes - Sonia - Ev - Bapt - un sol rugueux - 2 chaises - un mur - piano - une culotte - 1 pupitre - des phrases - un journal - un pull - lumières fluctuantes orange et noir et blanche

pas la radio, pas les rideaux, pas les tables, pas l'extincteur, pas le chapeau, pas l'Ukraine

surtout 1 Next, quelques Three, Two, One, quelques Ends

S: je ne sais pas ce que je vais dire mais, une fois prononcé, ça prend tout son sens
E: avec très peu de mouvements, longtemps, je suis active

Epilogue:
Les Argasidés sont les plus grosses. Elles vivent généralement près de leur hôte dans les crevasses, les terriers, les nids ou les habitations et viennent se nourrir plusieurs fois sur leur hôte lorsque celui-ci est immobile. Elles peuvent jeûner jusqu'à 5 ans. En Europe elles sont surtout présentes dans le pourtour méditerranéen.

dimanche 26 octobre 2014

et de 1

journée solo, salle petite danse: grande, presque carrée, haute, défraîchie, envie de rester sur mes deux jambes et d'utiliser tout l'espace sans savoir comment y arriver

matin: rideaux fermés, lumières éteintes
comme d'hab, une première danse d'emblée, énergie pantomime (10-15 minutes)
pas suffisant pour réveiller l'espace
échauffer orientation et mémoire, goût pour le mouvement - yeux fermés (2h30)
j'ai mis longtemps à reconstruire l'espace de mon imagination (tâche découverte en le faisant), goût avéré pour la résistance des obstacles et les fluidités du vide (simple mais bon)... qu'est-ce qui est dense?... beaucoup de repeat, pauses soutenues jusqu'au sommeil (3x orgasmes), pas de reverse
l'espace est lourd, vaseux, en blocs

aprèm : un miroir à découvert, rideaux ouverts (1h30)
le score s'est fait tout seul: jouer à me donner à voir
de très courtes pièces, parfois vues grâce au miroir, parfois imaginées vues
quelle danse aimerais-tu voir?
extra d'utiliser l'image (dans le miroir ou pas) pour répondre à la question, une marionette, une danse de l'imagination
une blague entre le fantasme et la réalité
jeux avec les plans de l'oreille interne et respiration, jeux d'humeurs, jeux sur les influences d'Alexander, échos de Decroux
pluie de restarts, vaines tentatives répétées de next, replace Steve Variation Goldberg, pauses courtes et espacées, playback Sonia diagonale, sensations floues de ends
l'espace est guilleret comme Mozart

qu'est ce qui est dansé?

l'espace c'est la sensation non l'imagination c'est l'espace non c'est la sensation l'imagination non c'est

danser écrire danser

jeudi 25 septembre 2014

1 ?

Retour au pavillon des contes et son bac à sable, soleil bleu
Franck + Brune + Bapt + Sonia
Première rencontre avec Sonia qui plonge dans la pratique et les discussions comme un poisson dans l'eau

Long "Warm-up", danses de sable, qui s'incruste dans nos peaux

report :
"pendant le warm-up, je n'ai pas osé dire un call" (je ne sais plus laquelle de nous a dit ça)

scoring: "1 call et ses conséquences"
deux scores qui prendront toute l'après-midi pour se faire comprendre et se préciser

soit blind duo unisson & 1 son : attendre le moment où un call (émis de l'intérieur ou de l'extérieur) émerge de la danse, ne pas le nommer mais laisser le son pur advenir, chacun l'interprète (movers) ou le devine (watchers), goûter aux conséquences

soit blind duo unisson & 1 call: idem sauf que le call est un mot, émis uniquement par les movers, les watchers nomment "End" dès qu'ils perçoivent que les conséquences du call ont pris fin, que l'on est passé à autre chose

report:
- l'état de jeu est à son comble dans les premiers instants, ces moments remplis de l'énergie de nos attentions et choix, où l'on tente d'identifier qui seront les movers et les watchers: de nombreuses initiatives, tours de passe-passe et farces sont utilisés à gogo pour brouiller les cartes (pur accordage!), l'espace ne cesse de se retourner entre movers &watchers, préssentis et actuels.
- goûter à la puissance de l'unisson
- le soleil tape dehors
- la surprise du jaillissement du call (qui semble nommer la nature de la danse et de ses besoins), que ce soit un son ou un mot + je retrouve toute la valeur du call... que veut dire un son... et si tout n'était que langage...
- les différents temps des conséquences d'un call (3?): l'instant immédiat gonflé par l'écho du call, le temps de son développement, le moment où une organisation nouvelle a commencé (begin)... "End" souligne le temps de l'attention et de signification du watcher. Mesurer: une histoire concrète et intransigeante
- les calls uniques n'arrêtent pas de poser des questions sophistiquées: quand est-ce qu'un NEXT prend FIN? Quel est l'instant du Replace?

tout ces détours pour goûter à la danse, se communiquer les valeurs qu'elle a pour chacun (4? 1?)

dimanche 21 septembre 2014

G G - Go et Grâce -

Séance de vendredi 19 sept: me revient la tentative de Brune de nommer quelque chose encore diffus, ces moments où s'ouvrent les mots qui ne sont pas des appropriations mais des questions. Brune tente par un mot de traduire une expérience, elle s'approche et La grâce est invoquée. Par analogie je pense à go, l’indicible qui trouve un mot, qui ramène à la danse et que l'on évite(rait) de nommer pour qu'elle ne disparaisse.

lundi 24 mars 2014

Notes (rapides) sur 4 jours de pratique, 20 / 23 mars 2014

-l'induction des échanges: Les temps de paroles dans notre pratique sont souvent intenses et longs, relativement à d'autres conversations de la vie courante. Tout autant que l'on peut déduire de l'environnement la danse, nous avons souligné que ces entres ou autres temps de communication verbale -et pas que- ont des conséquences immédiates sur la danse. Que cela soit pour un échauffement ou bien un score. Il semble -et c'est une expérience mainte fois renouvelée - que la danse se déduise en partie aussi des échanges préliminaires qui orientent son devenir. Le processus se fait à la fois consciemment et inconsciemment mais il n'a pas encore été exploré entant que tel. Interesting comme futur espace d'exploration isn't it?
La question est le score, disait Carolina, ou encore: c'est de la question que "naturellement" le score va émerger. Naturel, dans le sens peut-être de sans effort ou sans volonté.
-Qu'est-ce qui encadre le GO? si l'appel go est un crève l'amour, le call fin le révèle t'il parfois? Y a t'il des fins sans que go est eu lieu? Quel est le goût de cette fin alors?
-A propos de jouer le score et d'être d'accord: si tu entres dans cette pièce après le repas c'est que tu es d'accord, pour citer Carolina de mémoire. Comme un prérequis minimal.
-Caroline demande à savoir si quand elle a dit pause, nous avons bien compris qu'elle appelait le contenu du score qui avait été joué les jours et les semaines précédentes, le pause ayant pour conséquence de jouer un single image. De là le désir d'explorer un score ou l'on pourrait voir apparaitre les scores, reconnaitre ensemble des règles de jeu implicites déjà connues de chacun.
-Les nouveaux animaux totems: La taupe et l'aigle que Bapt propose en écho au Blind trio pour l'un et au single image pour l'autre. Deux états, un dans la matière et l'autre comme une vue d'ensemble. Nous notons que l'un ne peut être prédateur de l'autre, parce qu'appartenant à deux milieux distincts. L'aigle renvoie à une notion de prédateur que Caro souligne.
-Est-ce que c'est de l'art? Question sortie de la bouche d'un enfant relayée par celle de Bapt, irruption du langage, inattendue.
-Le familier, ce qui est familier dit Caro, entrer dans l'espace et être en situation familière. Facilite l'exploration, l'abandon aussi: Brune Caro franck de chaires enchevêtrés qui se mélangent à une chaise, au piano, puis la tête de Brune enfouie dans les fesses de caro.
-Tapis sous la roulotte, franck / caro regardant Bapt et Carolina dans une situation mi single image mi blind trio, debout la tête vers le bas, même organisation physique, sifflotant dans le jardin d'enfant. J'identifie cette situation d'être de manière récurrente en situation de duo de Watching avec Caro, de trouver l'accordage aussi dans cette activité"
-Balance: la vraie joie de voir les collègues arriver, la vrais tension le dimanche après midi avant que le score ne cherche sa définition, se faisant.
-Régler la question du stage de Carolina, prendre des décisions et jouer le multiply de l'action de Bapt.
-La salle à payer
-Ne pas connaitre la prochaine date de rencontre

lundi 20 janvier 2014

"Difficulté de nommer End car redondant avec l'expérience..." Brune tu peux en dire plus?

Matiné : Baptiste a oublié de parler du soleil dans le matin. Nous sommes restés à nous poser dans le soleil, dans cette partie ou les rayons nous dessinaient une zone. Une sorte d'apaisement dans laquelle nous nous abandonnions. Nos deux corps s'écoutaient dans le bon juste milieu d'être là tout en s'abandonnant. et la danse Fût ! Le bien être de goûter cet apaisement ou organicité auto-satisfaisante pouvait nous perdre et un call sortit de la bouche de Bapte comme un souffle pour redonner sens. Un Begin. L'attention de cet acte redonne : urgence d'un jeu qui ce communique comme pour retrouver danse/dense. et end nommé avant la fin pour donner frustration, pour ne pas prendre goût. et la musique fût ! Après midi : Le soleil a disparut, Le déroulement de la mâtiné raisonne pour ma part comme une évidence, l'acceptation de l'état présent n'arrivait pas à ce canaliser, la mémoire de ce goût matinal ne voulait pas changer. Nous nous sommes retrouvés physiquement, retrouvés directement sans un point de quel était cet instant maintenant avec soi. Il était évidant de retrouver cet état de danse du matin ensoleillé. Au départ un begin qui n'en finissait pas... "Difficulté de nommer End car redondant avec l'expérience..." Brune tu peux en dire plus? Où je suis ?, que fais-je ?, j'étais dans le matin. tout s'échappe la danse ne prend pas je n'arrive pas à attraper, à nommer, comme ça commence jamais ça ne ne peux pas ce terminer.

La danse étant absente une gesticulation habituelle s'installait ou je jetais des begin pour trouver sens, tout devenait vaporeux, ne sachant plus, je ne savais pas ou j'étais. Difficile de trouver quel est-ce moment ! Il ne pouvait pas y avoir de fin car ça ne commençait pas.

même si à des moments, un moment nommable se dessinait je n'arrivais pas à sortir un end, car je trouvais évident la fin. Je ne pouvais mettre end dans un moment ou ça ce termine.

Mon attention était pas là : je n'arrivais pas à placer la frustration pour donner le jeu.

samedi 18 janvier 2014

ça va, ça vient

Duo Bapt & Brune: échauffement en contact.
Après un long temps, Begin & End ont été murmurés, cadrant des temps courts et moins courts, de composition et de communication, "moments où l'image jaillissait".

Images, entre autres:
- femme allongée par-delà les cuisses d'un homme ou chant liturgique du ventre,
- spasmes et frictions de membres et tronc ou deux serpents s'enlaçant

Reports:
- "l'arrivée des calls Begin et End a modifié la nature de l'expérience. Tout à coup: écriture, rythme, valeur."
- "évidence organique des calls Begin et End ou ressenti de l'essence de leur signification"
- "souvent le End arrivait, non pas à la fin d'une action mais dans son temps de suspension. Conséquence: le call End contenait une invitation au futur."

Après-midi:
score : nommer intérieurement les Begin & End, observer la nécessité et les conséquences de les nommer à voix haute (pour soi-même), observer la nécessité et les conséquences de les adresser à l'ensemble de l'espace.

Reports:
"Tentative et peine perdue de retrouver la qualité de la matinée"
"La danse n'est pas arrivée. Quelques moments ponctuels d'accordage très précis"
"Score trop complexe"
"Nature artificiel du call"
"Difficulté de nommer End car redondant avec l'expérience..." Brune tu peux en dire plus?

vendredi 20 décembre 2013

un beau jour

D'emblée, aucun mot n'est venu accabler le futur.

Juste y aller. Voir ce qui arrive et "se servir des outils" (dixit Francky).

Toute la journée: plonger dans n'importe quel bain et observer la nature du jeu en jeu.
La joie de découvrir à deux les nouvelles règles.

Un des Patterns de composition/communication du jour: réactualiser une image qui a eu lieu et, le cas échéant, ouvrir une nouvelle direction (=le mouvement du rameur, l'éternelle reprise…).

Images: boire l'eau bouillante dans le creux de la main, le dos plein remplit l'espace haut, l'homme sans tête, les mains vers la petite chaise-femme...

Evenements: un mouchoir est tombé ce matin de la poche de Franck. Plus tard, mon bonnet. Ou comment le temps imprime l'espace.

Franck, tu disais que dans l'espace du Tuning ton regard est différent de celui de ton quotidien. Tu peux en dire plus?

Pour ma part: poursuivre l'observation des différences et répétitions. La continuité ou non d'une organisation, soit la substance du sustain ou du next, quand le sens se maintient ou bascule. "La compréhension et l'incompréhension" (Franck)

Dans la pénombre, un morceau noir est apparu dans un rectangle de lumière orange. Oh! Un petit cheval. Le dos serpente à chacun de ses pas, lents.
(on est à la Roseraie!)

mardi 5 novembre 2013

induire / déduire

Ce qu'il reste de l'expérience vécue de l'échauffement.

C'est la rentrée du tuning. Tout le monde sera là. Eva l'Anversoise, la première, est au sol quand j'arrive dans la pièce. Je l'y rejoins assez vite. La conversation s'engage, et n'emprunte déjà pas les codes de se témoigner l'une l'autre qu'on s'écoute, ou de s'adresser précisément les paroles qu'on émet. Quelques modes plus indirects sont à présent en jeu : bouger pendant que de parler, fermer les yeux, ou échauffer les sensations tactiles tout en écoutant. L'espace de pratique est déjà là.

Brune entre dans la salle.
Shift. Changement d'espace. Un recommencement. Se témoigner notre sympathie, notre chaleureux entrain à se retrouver. Et puis, le rituel du passage vers l'espace de pratique s'enclenche également. Doucement. Collectivement.
On forme toutes les 3 un centre spatial, une attraction. Allongées au sol, on entame un REPORT des 3 sessions précédentes. Mon attention est sur le sens de ce qu'on raconte, et sur les sons que cela produit. A 2 voix. Brune. Moi. Brune. Moi. Moi. Brune. Ca rebondit. Enter question Eva : Quelles différences vous avez notées entre SHIFT et NEXT ? Qu'est-ce qui fait qu'on sent la chose passer au prochain chapitre, ou simplement à la phrase suivante ?
On parle dans NEXT de tout lâcher. De ne rien garder de l'organisation en cours, et de choper au vol la première nouvelle (?) activité qui passe. On parle dans SHIFT de maintenir stable quelque chose, pour qu'on puisse gouter à l'écart de ce qui s'est mis en mouvement.
Quelqu'une demande 'de quoi vous avez envie pour aujourd'hui ?'
Eva : de m'échauffer avec la cartographie de la peau (skinmap), et de mettre le poids dans la peau.
En entendant ça, ça réveille ma curiosité. Ou ça questionne mon expérience passée. Puis je vois l'image apparaitre d'un tamis mobile, souple. La farine qui lui donne son poids, et pour autant, quand ça bouge, elle passe à travers. La peau tamis. C'est une image de Winicott je crois. Décidément rien ne se crée !
La porte s'ouvre 'C'est Franck… Bonjour Fraaanck', tout en maintenant l'activité. Le report pouvait continuer. C'est un silence qui lui succède. Blanc. Changement d'espace digne d'un next. Gouter la transition. Comment elle m'affecte ? Elle nous affecte ? J'ai envie d'inclure cette entrée. Comment s'y prendre ? Quelle stratégie ? Et bien jouer la continuité : 'Et toi Brune, de quoi tu as envie pour cet échauffement ?' Brune nomme l'être ensemble, que c'est ça qui est précieux pour elle ce matin. J'interprète qu'elle aussi joue à welcoming Francky. J'entends le tissu émettre un son de glisse, léger, à peine perceptible. La transition passe par enfiler les vêtements de pratique, déjà. Je lis que l'entrée sera postposée. delay. Elle est discrète comme un brise. Je l'imagine contourner notre organisation triangulaire. Alors ça y est ? Maintenant c'est parti ? Nous plongeons dans le dialogue intérieur ? Oui ! Begin. Deux. Je sens le centre attractif se spliter. Quatre. Je m'en tiens à suivre skinmap avec cette intention de poids dans la peau. S'échauffer à l'unisson d'une même proposition pour voir ce qu'elle construit comme spécificité d'espace. J'aime les contextes pédagogiques pour ça : la précision d'une proposition, que toutes les individualités suivent. Gouter au multiple, parce que la proposition est singulière, et une. Ici, déjà, c'est tellement full of instructions. Les respirations sonores. Des déplacements dans la pièce. Des sons d'environnement métalliques, sourds, ou plus perçants. Toute une composition est déjà en train de se construire, d'elle-même. De naitre.
A un moment, une envolée. ou un grondement. Des vocalises bâtissent un rythme, marquent un dialogue plus adressé. Un duo s'engage j'imagine. Tonique. Je note que je suis attentive au gout de l'espace, et que la partition de départ a volé dans les oubliettes. Son fil s'est déplacé. Le sens du son s'affute. La voix résonne dans ma matière et fait vibrer différentes zones.

La porte grince. S'ouvre-t-elle ? Alors ce serait Baptiste. Nouvelle donne qui vient densifier l'espace. Par effet négatif, elle informe de la plongée qui s'est développée jusqu'à présent. Qu'est-ce que ça fait de prendre la chose en cours ? Les yeux restent fermés. En tournant la tête, je reçois une caresse lumineuse, de la densité à travers les paupières. Je suis proche des vitres. Je n'avais pas remarqué m'être déplacée. L'espace s'est twisté sur lui-même au fil de ce développement alors : Réactualisation.
Puis, ma main rencontre un tissu de volumes. Ah, la cartographie de la peau à nouveau. Non, le dialogue de proximité. La construction d'une physicalité spécifique. Longue. Chaude. Elle commence lentement. Une broderie. Tantôt délicate, qui parcourt l'étendue d'un relief, d'un paysage à découvrir, à bâtir au fil des informations qui apparaissent, ou qui renseigne sur mon besoin du jour. Tantôt pulsatile. Qui entre dans les couches de la matières. Qui explore les environnements intérieurs. Qui éveille les muscles. Qui sculpte des images. C'est toutes les parties du corps qui sont engagées. Soutenir des immobilités et prendre le temps de scanner, d'apprécier la composition des sensations. Le jeu ouvre l'espace. Et l'ouvre encore, pendant que des onomatopées informent de l'état du trio voisin. Parfois des rires. Profonds. C'est la maison. Pas de censure. Ce ne sont pas deux bulles hermétiques l'une l'autre, mais pourtant deux espaces bien particuliers. Une main décrira plus tard avoir gouté à cet écart. L'aspect tellement concret, matérialisable du dialogue par le toucher me fascine. On est tout le temps en train d'approcher. Un bain et une logique qui forment le socle de notre entente. L'espace se révèle de façon organique. 'L'échauffement, une déduction' dira Bapt en fin de matinée. A un moment, on forme tous ensemble une seule peau. Est-ce la fin du duo ? Non, une continuité. Les nouvelles informations s'y intègrent. En contact avec un pied solide - un genou peut-être ? - je sens se déployer une puissance qui part des organes du bas ventre, qui irradie tout l'espace. Alors ça pousse dans la main. Un râle animal s'ensuit. Tellement profond. Comme vital. L'espace est clair. La concentration des molécules de l'espace est à la fois dense et légère, l'accordage s'encre. La peau se distend vers la table et le tableau. Nous sommes 3 en continuité. Pour peu de temps. Une franche sortie fait basculer l'espace où se développe maintenant l'activité de watcher. Comment intégrer cette nouvelle donne ? 'Trouver la ressource pour accepter d'être vue dans cet état, plutôt que d'adresser', c'est une intention que je m'énonce clairement. Eva a rejoint Baptiste dans le coin. INSERT : un bisou sur une joue. un bisou à l'autre joue. END INSERT. Et Eva prend la direction de la porte qu'elle ouvre. Oh ! Bye bye Eva ! Mais enfin, il est déjà l'heure que tu t'en ailles ? Le temps est-il passé si vite ? La fin sera ou ne sera pas. La fin de 'la noce'. Un long détachement. Tellement calme. REPORT WATCHER : qui conte et compte (un corps, 2 corps, ah un à nouveau), qui augmente juste le volume sonore de son activité d'observation, pour qu'on puisse y avoir accès. Ah Brune a remplacé Eva. Dans ce même coin. Un centre d'attraction ici également. La matinée finit sur une succession de REPORT, du mouvement de l'attention de l'un, puis de l'autre, sur la trace, et l'image de l'espace actuel. Rien qu'à le suivre génère en moi une expérience esthétique.

Ceci est une des 5 facettes qui permettrait de reconstruire le puzzle du score de l'après midi - the Room. Quand la proposition ne fait plus seulement état de ce qui est là, mais induit, à elle seule, une spécificité de composition.