Tuning Blog

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mardi 10 décembre 2013

entre chien et fin

vendredi
on est 3. On est au moins 5 quand j'arrive (Bapt, Franck, Caro, l'instrument sonore, le tissu pendu à la fenêtre). On est 1000 quand on repart. Les assemblages de bois pliables, le plan du fond, lisse, gris et froid, le sol et son bois irrégulier, le volume de la colonne triangulaire à l'arrière de l'instrument, le cylindre contenant un liquide, le vrombissement du chauffage, la lumière criarde qui pénètre la pièce, des plans horizontaux suspendus les uns à coté des autres, les rideaux, la nuit tombante, les chèvres et Auguste, la finesse de la lune...

"Le lien entre le langage et la conscience suggère bien des voies de spéculation (cela expliquerait la relative lenteur de la pensée consciente par exemple). Il est clair qu'une large part de ce que nous expérimentons ne peut être saisie par le langage; mais c'est un médium tellement extraordinaire que nous continuons à l'appliquer à toutes sortes de choses dans l'espoir peut-être de parvenir à une meilleure formulation; amenant l'inconscient, l'in"connaissable", ou l'indicible à l'état de conscience littérale." S Paxton, CQ XII n°2, spring/summer 87

Le duo. C'est le duo.

Let's try !

C'est le duo le fil d'Ariane de cette journée de pratique. L'échauffement s'entame directement dans le duo. Et le toucher léger, la peau reliée au poids, à la gravité me guident. Déjà là, il y a tellement de couches d'expérience possibles... Et puis il y a aussi celles des conventions culturelles qui, à une action, donnent une signification et la catégorise dans un registre relationnel bien précis. Ya toutes ces couches, des plus fonctionnelles exploratoires - l'autre comme environnement à ma propre expérience - aux strates plus fictionnelles et performatives. Je me rends compte à quel point les bordures sont mouvantes et floues, et pour autant structurées dans mon vécu, et structurantes, qui organisent mon environnement, mon rapport à cet environnement.

J'ai besoin de l'expérience du flux. Chercher à laisser faire dans la communication. Ya plein de sortes de dialogues, pas seulement ceux qui signifient, où le sens, meaning/interprétation est le canal de communication... La mémoire est tout à fait vaporeuse de ce premier duo. Sensation d'être à la maison. De déclencher l'imaginaire par d'autres accès que la vision.
Et puis un deuxième duo. Le watching s'y installe. Et c'est incroyable comme cette activité vient activer RECORD/STORE dans mon propre chef. La mémoire semble beaucoup plus nette, témoignant de certains moments précis. L'arrière de la tête assise. La paume des doigts debout. Comme une approche lente. Un faire connaissance. S'apprivoiser. Les antennes des cheveux sentent la présence, mais ne reconnaissent pas de forme, seulement la différence entre air et corps. L'organisation globale des doigts donne feed back sur le volume du haut du crâne. Comment cette organisation est reliée au sol, et vient lui donner une empreinte ? Ca m'impresse. Les mouvements sont légers. Mais c'est à travers eux que l'exploration de ma bibliothèque perceptive (ce que j'imagine et prédis, à la lueur de l'expérience vécue) se met en marche. L'imaginaire fonctionnel. C'est pour ça que le travail les yeux fermés me fascine. Pour enclencher l'imagination fonctionnelle.
Les appels sont légers eux aussi. Comme un vent chaud qui caresse les contours de l'action. Qui la rend plus puissante. Plus éveillée. Ca donne valeur à l'activité. Ca lui donne un nouveau mode d'existence. Quand je suis occupée à une activité et que SUSTAIN est chuchoté à l'oreille de l'espace, j'ai l'impression qu'on se renseigne sur la chose qu'on met en commun. Et ça attise mon goût pour venir rencontrer cette chose, y gouter par différentes entrées. L'opportunité flotte de venir préciser cette chose, ou de spécifier son goût. SUSTAIN c'est un début finalement...
Et puis SHIFT...
C'est fou SHIFT ! Quel puzzle ! Littéralement : maintenir l'intention, changer d'attention. Bapt donne l'analogie d'une lumière qui vient éclairer la part d'une organisation. Puis elle s'éteint et SHIFT en allume une autre. Ailleurs. Francky mentionne une discipline rigoureuse qui est de reconnaitre l'intention et de prendre, choper au vol, la première attention (nouvelle ?) qui passe. Combien de temps ça prend ? Comment ça entraine une désorganisation. Qu'est-ce qui fait qu'un passage opère entre l'organisé et le désorganisé... Entre l'ordre et le chaos... Pour moi, SHIFT c'est des bascules à partir du moment où une chose est établie, ou reconnue avec stabilité. J'observe que mes sens ont besoin de temps pour détecter ce qui est stable. Par exemple, dans REPEAT, l'expérience de SHIFT me parait claire. Possible. Palpable. L'intention est très identifiée alors. Le début et la fin sont marqués. Est-ce que SHIFT est REDIRECT aussi ? On s'est posé cette question. A la fois SHIFT est un call très intérieur, mais a des conséquences sur la globalité du corps. Pour qu'elles vibrent dans l'espace, ça prend un certain temps. En tant que watcher, j'ai besoin de temps. Pour engager mon imagination et une lecture précise de cette échelle. SHIFT dans PAUSE est fabuleux pour ça ! SHIFT interviendrait alors sur le flux pour donner du même et du contrepoint. Et puis de l'inévitable et de l'arbitraire...
On a discuté et pris comme question l'écart entre l'arbitraire et l'inévitable. Et suite à cette journée de travail, on dirait que l'inévitable serait les conséquences prévisibles d'une action. La chute par exemple, l'accident. Mais aussi ce qui est prévisible, en lien avec les caractéristiques physiques, concrètes des qualités d'un mouvement, de ses transferts de poids, de ses réponses à une impulse, ou une action... L'arbitraire, ce serait alors les prises de décisions. Ce qui est de l'ordre de l'intention et de l'induction. Mais comment ce registre lui-même est-il conditionné ? ...

à suivre

lundi 9 juillet 2007

Description

Based in Brussels, we are a group of dancers from different background who is practicing the “Tuning Score” devised by Lisa Nelson. Choreographer, improvisor and video maker, she develops since the 70’s an approach to instantaneous composition and performance, which she calls the Tuning Score.

Each of us having had the opportunity to meet Lisa Nelson and her work, we intended to set up a weekly practice where we could experiment and discuss our curiosities about the Tuning Score and what is revealed from it.

The Tuning Blog is a web site mostly made by messages posted by the members of the group and other guests. It is used as a tool for archieving and communicating. All kinds of documents are gathered ; they are reports of the weekly practices : questions that arised, themes encountered as well as other forms of tracking. In a second time, the site has become subject to re-readings that operate now as a stimulus for the practice too.

The Tuning Turning project is developped from the will to set up a network of places that host a Tuning Score observatory, bringing together members of the group, partners and other guests. The Tuning Turning is a proposition for deepening, in an other format of time, themes or questions that emerged from the weekly practice. Also tracks of each of these observatories are visible on the website.

Therefore the weekly practice, the website and the Tuning Turning project are feed-backs to each other as a way to explore the Tuning Score.

 

En novembre 2005, un groupe de danseurs d’expériences diverses se réunit à Bruxelles, pour pratiquer le “Tuning Score” de Lisa Nelson. Chorégraphe, improvisatrice et vidéaste, elle développe depuis les années ‘70 une approche de composition instantanée et du spectacle qu’elle nomme le Tuning Score.

Ayant chacun eu l’occasion de rencontrer Lisa Nelson et son travail, nous avons voulu mettre en place une pratique hebdomadaire où nous discutons et expérimentons notre curiosité à propos du Tuning Score et de ce qui s’y révèle.

Le Tuning Blog est un site internet constitué essentiellement de messages postés par les membres du groupe et autres invités. Il constitue un outil d’archivage et de communication où sont réunis tous types de document qui rendent compte de la pratique hebdomadaire : les questions qui y sont soulevées, les thèmes rencontrés ainsi que toute autre forme de trace de la pratique. Aujourd’hui, le site est aussi devenu l’objet de re-lectures qui agissent en retour comme stimulus à la pratique.

Le projet Tuning Turning s’est développé à partir de la volonté de mettre en place un réseau de lieux qui accueillent chacun un « observatoire » du Tuning Score, rassemblant les membres du groupe de Bruxelles mais aussi des partenaires et autres invités. Ce projet propose d’approfondir thèmes et questions soulevés par la pratique hebdomadaire, et cela, dans des durées de temps plus étendues. Par ailleurs, il est prévu que des traces de ces observatoires soient rendues visibles sur le site internet.

Aussi, la pratique hebdomadaire, le site internet et le projet Tuning Turning constituent autant de feed-backs les uns pour les autres et contribuent ensemble à explorer la nature du Tuning Score.